Coopérative de consommation

Une coopérative de consommation est un regroupement de consommateurs en vue d'acheter en gros des biens de consommation.



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Économie sociale

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Une coopérative de consommation est un regroupement de consommateurs en vue d'acheter en gros des biens de consommation. Basée sur le mutualisme, chaque sociétaire est solidaire et y exerce des droits et des devoirs. Le développement ultérieur de ces coopératives a amené ces sociétés, détenues et dirigées démocratiquement par ses sociétaires, à développer des réseaux de magasins et quelquefois même d'intégrer en amont une production industrielle.

Les coopératives de consommation font partie de l'économie sociale.

Exemples de coopératives de consommation

Elles ont été particulièrement nombreuses.

Histoire

Une tradition populaire

Une tradition populaire du travail «en coopération» a existé en France bien avant la Révolution française à l'exemple des «fruitières» du Jura, mode d'organisation ancestral des éleveurs depuis le XIIIe siècle. Les éleveurs apportaient leur lait à la «fruitière», assuraient la fabrication du fromage et se partageaient les bénéfices issus de la vente selon la quantité de lait apportée.

Un concept nouveau

Cependant, il faut attendre le 18ème siècle pour que la coopération soit conceptualisée et exprime une nouvelle forme d'organisation sociale et une conception différente du travail non limitée au seul échange d'une force de travail contre une rémunération.

Ainsi Robert Owen (1771-1858) concrétise cette doctrine nouvelle en fondant une entreprise modèle de filature où il a pu démontrer qu'il n'y avait pas incompatibilité entre le perfectionnement des conditions de vie et de travail des ouvriers et la hausse de la productivité.

De la théorie à la pratique

A la même époque, la France moins avancée que l'Angleterre sur le plan économique, commence à peine sa révolution industrielle. Par contre, de nombreuses théories foisonnent de Saint-Simon (1760-1824) à Charles Fourier (1772-1837) qui pour la majorité ne seront pas appliquées.

Notons, néenmoins, quelques exceptions à l'instar de Grimod de la Reynière (1792), qui mettra en œuvre les principes élaborés durant son emprisonnement, à la fin de la révolution française, et créera la société «Grimod et Cie» forte de plusieurs magasins dans différentes villes françaises.

La conception de la coopération est par conséquent au croisement de ce faisceau de pensées et d'une histoire sociale et politique en pleine évolution et on assiste véritablement à l'apparition des coopératives au début du 19ème siècle.

Les premières épiceries coopératives

Michel-Marie Derrion met en œuvre son projet d'épicerie coopérative le 24 juin 1835 à Lyon. Soulignons que Lyon, où les théories de Fourier, qui y résida longtemps, connurent un développement important, était, en ce début de siècle, une ville où on rencontrait une des plus fortes concentrations ouvrières de l'époque. Les ouvriers y avaient une très vigoureuse conscience sociale.

On retrouve dans les principes mis en œuvre par Derrion, les règles principales d'une coopérative de consommation. Cependant, les épiceries coopératives ne résisteront pas à une grave crise économique ainsi qu'à un contexte politique défavorable. Elles fermeront rapidement. Mais le mouvement est désormais lancé et quand les circonstances seront à nouveau propices, les coopératives lyonnaises renaîtront et se développeront rapidement.

Les Équitables Pionniers de Rochdale

Peu de temps après l'échec de Derrion, démarre en Angleterre une expérience qui devait durer et avoir un retentissement universel. A Rochdale, près de Manchester, un groupe d'ouvriers tisserands se réunit et créé une coopérative de denrées alimentaires connue sous le nom des «Equitables Pionniers de Rochdale ».

Au-delà de la simple création de magasins coopératifs, ils entendaient acheter des maisons pour leurs membres, acheter et louer des terres pour leurs chômeurs…Ils créèrent leur propre banque, leur compagnie d'assurance, des sociétés de prévoyance mutuelle, des écoles, des bibliothèques…

Bien que n'étant pas la première expérimentation de la coopération, les «Equitables Pionniers de Rochdale» demeure dans l'histoire de la coopération le meilleur exemple de réussite durable.

Bataille Doctrinale

La doctrine prévalant depuis la Révolution est le libéralisme, exprimée originellement par Adam Smith (1723-1790) et suivie par de nombreux économistes au 19ème siècle. C'est en réaction à cette doctrine libérale que s'élaborent de telles expérimentations coopératives et les doctrines socialistes dont Proudhon et Marx seront les théoriciens les plus mémorables.

La révolution de 1848 connaît une brève explosion d'associations ouvrières qui disparaissent avec l'avènement du Second Empire. Les débuts de la 3ème République consacrent la liberté d'association mais également la rupture entre coopération et organisations ouvrières. En effet, la coopération n'est plus reconnue comme un moyen de transformation sociale de la classe ouvrière pour un mouvement socialiste énormément plus radical et fait même l'objet d'un véritable rejet de la part du Parti Ouvrier et du mouvement syndical.

A partir de 1890, un puissant mouvement syndicaliste révolutionnaire se développe qui deviendra la charpente de la Confédération générale du travail. Notons que au cours de la période de la guerre de 1870 à celle de 1914, la condition ouvrière s'est notablement perfectionnée, la législation sociale, surtout, a énormément progressé : repos hebdomadaire, loi sur les accidents de travail…

Dans le même temps, le nombre de coopératives ne cessent de croître, coopératives de production, coopératives agricoles mais ce sont principalement des coopératives de consommation qui sont créées.

La position du Parti Ouvrier évolue nettement pendant cette période, passant d'un rejet absolu à une position plus souple admettant que les coopératives pouvaient être utiles en étant des «centres de recrutement socialiste et des moyens de se procurer des fonds pour la lutte»[réf.  nécessaire]. La Bourse des coopératives est créée et chaque coopérative doit verser une contribution au Parti ouvrier et accepter les principes fondamentaux de la lutte des classes.

On est loin des principes exprimés concomitamment par l'Ecole de Nîmes.

L'Ecole de Nîmes a été créée par un groupe de coopérateurs issus de Nîmes et de sa région sous la conduite de Charles Gide (1847-1932). Professeur d'économie, son nom reste attaché à l'idée de coopération et d'économie sociale, il élabore à partir de l'expérience britannique des "Equitables Pionniers de Rochdale" «la doctrine des trois étapes» qui doit, selon lui, «constituer le schéma de développement de la coopération en France et aboutir à la transformation totale de la société en République coopérative»[réf.  nécessaire].

La création de la F. N. C. C.

Les deux groupements coopératifs, l'Union coopérative prônée par Charles Gide et la Bourse des coopératives comprenant les coopérateurs socialistes révolutionnaires, se réunifient en 1912 sous l'impulsion de Jean Jaurès et donnent naissance à la Fédération Nationale des Coopératives de Consommateurs. Charles Gide obtiendra l'indépendance de la coopération vis-à-vis des partis et les socialistes renonceront à l'obligation pour les coopératives de financer le Parti socialiste.

De l'après-guerre à nos jours

Au cours de l'après-guerre de 1914-1918, une floraison de coopératives d'autres types que les coopérative de consommation se développent, coopératives de production, dans le secteur du bâtiment, Crédit Coopératif, dans le secteur bancaire, etc….

Un statut général des coopératives est établi en 1947. Il reconnaît et conserve les différentes formes de coopératives. Ce statut perdure.

Revenant aux seules coopératives de consommateurs, jusque dans les années 1960, elles développent un réseau dense de magasins de proximité, se dotent d'usines leur donnant «la maîtrise des approvisionnements et des coûts de production»[réf.  nécessaire] tout en respectant les principes coopératifs : l'unicité du juste prix, distribution des ristournes aux sociétaires…

En cela, elles ont constitué un ensemble original au sein de la grande distribution. Mais cette originalité a aussi constitué un handicap lors des mutations qui, entre les années 1960 et les années 1990, ont profondément modifié le paysage de la distribution française.

En effet, «leur réticence à la politique des prix d'appel et de différenciation des prix selon la taille des magasins, leur attachement aux unités de production dédiées aux coopératives et progressivement moins compétitives en terme de prix face à la concentration des grands industriels de l'agro-alimentaire et une méfiance vis-à-vis du développement des hypermarchés»[réf.  nécessaire] ont restreint l'indispensable adaptabilité dont elles auraient dû faire preuve face à l'accélération du processus de transformation de la distribution.

Sans compter les difficultés passées, les coopératives de consommation sont toujours présentes et sont devenues «des acteurs économiques actifs et des interlocuteurs sociaux dans les régions où elles sont implantées»[réf.  nécessaire].

Sources

(Dans ce dernier ouvrage les développements récents en France sont décrits en détails sur la base d'entretiens avec les principaux acteurs au temps de la crise - voir p. 673 et suiv., plus particulièrement p 748 et suiv. )


Références


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 17/12/2010.
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