Mouvement social contre la réforme des retraites en France de 2010

Débuté en mars 2010, le mouvement social contre la réforme des retraites en France en 2010 a mobilisé à sept reprises plusieurs millions de salariés dans les secteurs public et privé.



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Certains syndicats, comme ici Solidaires, exigent le retrait du projet de loi.

Débuté en mars 2010, le mouvement social contre la réforme des retraites en France en 2010 a mobilisé à sept reprises plusieurs millions de salariés dans les secteurs public et privé. L'objet immédiat est de protester contre le relèvement de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite et de 65 à 67 ans de l'âge auquel un salarié n'est plus pénalisé par le dispositif de décote. Le fond du problème est la dette publique française, l'obligation de son contrôle ou de sa réduction. Le gouvernement met en place une approche par réduction des dépenses publiques (retraites, santé). L'opposition estime ce projet socialement injuste et économiquement dangereux : elle souhaite plutôt augmenter les entrées fiscales, en supprimant les niches fiscales et en augmentant les prélèvements obligatoires.

Cette réforme est contestée par les huit principaux syndicats français : la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la CGC, l'Unsa, Solidaires et la FSU, qui ont organisé des journées de grèves et de manifestations avec une fréquence qui s'est accélérée à l'automne 2010. Les secteurs les plus mobilisés ont été l'éducation, les transports, l'énergie et l'audiovisuel public[1].

Contexte

La dette publique

Les syndicats estiment que la réforme ne suffira pas à financer les retraites. Les finances publiques sont déficitaires, le cœur du problème est par conséquent de se rapprocher de l'équilibre financier par un meilleur contrôle ou une réduction de la dette publique française. Ce besoin est accepté par la totalité du spectre politique. Cet objectif est accessible soit par économie sur les dépenses (armée, ministères, emplois publics, santé, retraites) soit par l'augmentation des entrées (création d'impots ou suppression de réduction d'impôts).

Le vieillissement de la population

Le problème est principalement démographique et lié au vieillissement de la population : le principe de la retraite par répartition est fortement liée au ratio de français œuvrant (et par conséquent cotisant) comparé au nombre de français percevant une pension. Ce ratio a énormément évolué depuis 1970. Ainsi, de trois travailleurs pour un retraité en 1970, on passe à deux pour un en 1990, et devrait atteindre 1, 5 pour un en 2020. Le niveau actuel moyen des pensions étant compris entre 70 et 80 % du salaire moyen, on imagine le niveau que devrait atteindre les cotisations sur les salaires pour rééquilibrer l'équation cotisants/pensionnés. En termes financier, le dispositif français est déjà déficitaire de 32 milliards en 2010. Cela équivaut à 10 % des retraites non financées. Il le sera de 70 milliards en 2050.

Solution : recul social ou rééquilibrage ?

Le gouvernement souhaite une approche par la réduction des coûts (pensions à payer) et par l'augmentation simultanée du revenu pour les caisses de retraite (années de cotisation plus nombreuses. Il affirme aussi que l'allongement de la durée de cotisation est l'unique levier capable non seulement de rééquilibrer les retraites mais également de créer de la richesse (macro-économiquement parlant). D'où la réforme par la loi. Cependant, la retraite à 60 ans est en France reconnue comme un acquis social important. Les syndicats ne peuvent accepter ce qui apparaît comme un flagrant recul social (pour mémoire, acquis sous la présidence de François Mitterand). D'où deux facettes argumentatives assez différentes :


  1. Contestation de la nature purement démographique du problème : Pour Éric Aubin, en charge des retraites pour la CGT, «Le problème n'est pas démographique, il est financier»[2]. Le taux d'emploi des seniors en France est parmi les plus faibles en Europe, il faut un plan emploi seniors pour rééquilibrer déjà en partie la caisse des retraites. D'autre part, les projections actuelles ne tiennent pas compte de la hausse particulièrement probable de la productivité des français, laquelle compensera la détérioration du ratio travailleurs/pensionnés. Les cotisations seront supportables, tout en assurant des pensions décentes.

La solution adoptée par le gouvernement

Selon le gouvernement, la réforme est indispensable car elle permettra un début de rééquilibrage des dépenses et revenus concernant le dispositif de retraite. Le gouvernement refuse de céder sur le moindre point de cette réforme qui, à l'étranger, passe pour modeste. La moyenne de l'âge du départ à la retraite en France est en effet l'une des plus faibles d'Europe. Le gouvernement ne souhaite pas diversifier les sources de revenus pour les retraites et souhaite conserver un dispositif alimenté par les cotisations sur le travail. Rappelons que ce n'est pas l'État qui distribue les retraites, mais la Caisse des retraites (et les organismes adjoints), dont la dette n'est pas celle de l'État français.

Motifs des grévistes et manifestants

Le gouvernement a choisi de financer la majeure partie de la réformer par la réduction des dépenses, qui s'élèvent à 56 % du PIB, ne prenant pas en compte les propositions syndicales de d'augmenter les recettes, surtout dans le domaine fiscal.

Critique des exonérations fiscales

Plusieurs réductions fiscales sont jugées spécifiquement coûteuses. Un rapport de la Cour des Comptes estime que 172 milliards d'euros échappent ainsi chaque année à l'État du fait des déductions fiscales identifiées[3]. Les syndicats, mécontents que leur propositions n'aient pas été prises en compte, ont critiqué ces exonérations pour leur coût et pour le fait qu'elles inciteraient les entreprises à privilégier des intérêts de court terme (bénéfices, plus-values boursières), les plus cités étant :

La CFDT a réclamé à l'horizon 2010 pour 32 milliards d'euros[10] de recettes fiscales nouvelles, par l'augmentation des prélèvements sur les revenus du capital et les hauts revenus et la remise en cause sélective de niches fiscales et sociales. La CGT a proposé surtout que les revenus financiers des entreprises soient soumis à contribution et de moduler les cotisations sociales patronales suivant les politiques d'emploi des entreprises[11].

Jeunes générations

Les départs à la retraite étant de 650 000 par an, les syndicats estiment que la réforme supprimera pour les jeunes l'équivalent de 1, 1 million d'emplois et lui reprochent de faire reposer une trop grande partie du financement sur les revenus du travail et insuffisamment sur ceux du capital. Selon eux, il vaudrait mieux maintenir à 65 ans l'âge de la retraite à taux plein et faire en sorte que la totalité de la population en état de le faire puisse travailler jusqu'à cet âge[12]. Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, affirme aussi que la réforme, à court terme, défavorisera les jeunes à la recherche d'un emploi, et parle de «calcul cynique» du gouvernement : un chômeur, en particulier s'il est jeune et n'a pas encore travaillé, coûte nettement moins cher à la collectivité qu'un retraité[13].

À propos de la situation des jeunes en France, le sociologue Louis Chauvel à écrit :

«Le taux de chômage des jeunes en France [est supérieure à 20% depuis 1980, on leur a promis un amélioration avec] le départ des baby-boomers à la retraite (2005-2020). [En 2009, niveau reccord :] 26 % de chômage pour les jeunes de moins de 25 ans. [Autres] problèmes, les stages à répétition, la précarité de l'emploi, les niveaux des salaires encore plus bas, les niveaux de diplômes [et d'expérience demandés encore plus] élevés [nécessitant plus d'années, plus cher, avec moins de cotisation], et le travail ne permet plus de se loger décemment»[14].

Retraite à taux plein

Les syndicats estiment qu'un certain nombre de femmes devront travailler jusqu'à 67 ans, leur durée de cotisation ayant été rognée par la prise d'un congé parental. Ce congé parental étant selon les cas, choisi ou obligatoire, surtout pour celles qui n'ont pas eu les moyens de faire garder leurs enfants, qui ont subi des interruptions d'activité, ou n'ont réussi à trouver un autre emploi qu'à temps partiel[15].

Comparaisons européennes

Mis en avant par le gouvernement dans les comparaisons internationales, l'âge légal de départ à la retraite sert à désigner des choses particulièrement différentes dans les systèmes de retraite en Europe. En Allemagne, un salarié de 63 ans peut par exemple partir à la retraite avec 35 ans de cotisation et une décote pour années manquantes de 7 % tandis qu'un salarié français dans le même cas subira une décote de 25 % et devra par conséquent travailler jusqu'à 67 ans. D'autre part, le relèvement de l'âge de départ fait qu'un ouvrier devra en moyenne cotiser 3, 14 années pour une année de retraite contre 2, 64 années avant la réforme[16].

Crise financière

Les syndicats estiment aussi que les calculs du gouvernement, via le Conseil d'orientation des retraites, sont biaisés par la crise financière de 2008, qui a fait augmenter le chômage et par conséquent diminuer le nombre de cotisants. Ils accusent le gouvernement d'avoir pris comme prétexte des mauvais chiffres entraînés par cette crise bancaire[17] pour faire payer cette crise par les salariés[18] les plus modestes, surtout les femmes, les salariés sous contrat à durée déterminée et les bas-salaires. "Faire du report de l'âge légal la mesure centrale de la réforme, c'est faire payer la crise aux salariés", a dénoncé la CFDT.

Les grèves par secteurs

Grève SNCF

La CGT, premier syndicat de cheminots a lancé une grève reconductible dès le 12 octobre, rejointe par Sud-Rail, FO et la CFDT-cheminots. Le taux de grévistes à la SNCF est assez vite retombé à un quart des effectifs mais s'est maintenu à un niveau important chez les conducteurs de train, qui ont le pouvoir de diminuer drastiquement le trafic. Pour le 19 octobre, après six jours de grève consécutive, la SNCF n'assurait que six TGV sur dix de Paris vers la province et un TGV sur 4 de la province vers la province, ainsi qu'un TER sur deux et quatre trains Corail sur dix.

En Île-de-France, six trains sur dix sont assurés aux heures de pointe, mais la proportion baisse sensiblement durant les heures creuses[19]. Le mouvement des cheminots français a coïncidé avec une grève générale des employés de la compagnie nationale des chemins de fer belge SNCB, lancée le 17 octobre, qui a paralysé le trafic ferroviaire sur la ligne Thalys.

Transporteurs routiers

Les routiers ont rejoint le mouvement le 17 octobre, organisant sur tout le territoire des barrages dans des lieux stratégiques. Ce sont surtout des dépôts de carburant (à Cæn, Brest , Rouen…) et le terminal pétrolier de Port-la-Nouvelle qui ont été ciblés. Ils ont menacé de durcir et d'élargir progressivement leur mouvement en cas de statu-quo du gouvernement[20]. «Pour faire bouger le gouvernement, l'action doit gêner», a averti Maxime Dumont, leader CFDT, premier syndicat du secteur.

Raffineries de pétrole

La grève a aussi été déclenchée dans les douze raffineries de pétrole françaises, avec, une semaine plus tard, le blocage de nombreux dépôts d'essences et 1 500 stations-service en rupture de stock (sur 4 800 gérées par les acteurs de la «grande distribution», selon l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP, grande distribution) [21]. Le 18 octobre, les professionnels recensent entre 2 500[22] et 2 600 stations-service sans essence[23].

Grèves des éboueurs

Les villes de Marseille, Toulouse, Nantes, Angers, Paris, Pau, Sète et Belfort ont été touchées. Les éboueurs marseillais se sont mis en grève début octobre, ce qui a génèré des amoncellements d'ordures[24], alors que les cinq dépôts de la communauté urbaine de Toulouse étaient bloqués le 20 octobre, après 5 jours de grève, mais aussi le dépôt réservé au tri sélectif, a précisé Thierry Artigue, secrétaire général FO, premier syndicat[25]. Les éboueurs d'Angers sont en grève depuis huit jours, ceux de Nantes depuis 4 jours, après avoir reconduit à l'unanimité le blocus d'un centre technique municipal d'où ne peuvent sortir les camions de collecte des ordures ménagères, selon Emmanuel Olivier (CFDT) [26]. Une centaine d'agents municipaux et de la communauté urbaine de Pau ont voté à l'unanimité le 21 octobre la reconduite du mouvement entamé le 18 octobre[27]. A Sète et Lunel, des personnels non-grévistes ont dépêchés pour nettoyer les rues[28]. A Belfort, l'assemblée générale a voté la grève infinie reconductible[29].

Cantines scolaires, crèches et autobus perturbés à Marseille

Dans de nombreuses villes du sud de la France, les parents ont été dérangés par les arrêts de travail des salariés des crèches et cantines scolaires. A Marseille, sur les 60 crèches municipales, uniquement 3 étaient ouvertes toute la journée le 18 octobre et 37 partiellement[30]. D'autre part, dès le 1er octobre, 248 cantines scolaires ne fonctionnaient plus[31]. Dix-sept jours de grève plus tard, 247 cantines scolaires[32] de la ville étaient fermées[33], les cantinières faisant grève pendant uniquement deux heures, durée suffisante pour gêner le service et faire remarquer leur mécontentent d'une réforme qui pénalise surtout les femmes. C'est aussi le cas dans plusieurs communes autour de l'Etang de Berre[34]. Au sein de la Régie des Transports marseillais (RTM), un mouvement affectait le fonctionnement de 36 lignes de bus sur 65[31] et que trois magasins Monoprix – sur la Canebière, place Castellane et avenue du Prado – étaient perturbés.

Lycées et universités

Le 20 octobre, décrit par l'UNEF comme une "journée exceptionnelle" voit le syndicat étudiant comptabiliser "29 universités mobilisées" sur les 83 du pays. Plusieurs ont été bloquées, 6 selon l'UNEF et 10 selon le gouvernement[35]. Trois autres ont été fermées par l'administration. Côté lycées, 379 sont bloqués selon le ministère de l'Education nationale et 1400 lycées selon l'UNL (Union nationale lycéenne) [36].

Le 22 octobre, on décompte entre 5 et 10 universités bloquées partiellement ou complètement, sur les 83 universités françaises[37].

Douze journées de manifestations

Manifestation du 12 octobre 2010 à Orléans.
Blocage au lycée Victor Hugo de Besançon-Planoise le 14 octobre 2010.

Polémique sur le nombre de manifestants

L'écart entre les chiffres des syndicats et de la police a énormément varié selon la taille des villes :

Critiques des chiffres de la police

Critiques des chiffres des syndicats

Critiques des chiffres des deux parties

Plusieurs médias locaux ont réalisé leurs propres décomptes, relativisant les chiffres des syndicats et de la police : La Provence[66], Ouest-France [67], Le Télégramme[68], Le Progrès[69]. Sud Ouest a rapporté que la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a fait appel à des huissiers, qui ont relevé moins de manifestants que la police et les syndicats[70].

Le Midi libre a donné, le 16 octobre 2010, ses propres chiffres pour Montpellier, Nîmes, Narbonne, Carcassonne, Alès, Béziers, Mende et Perpignan et Bagnols. Dans 8 de ces 9 villes, l'estimation est à mi-chemin entre les chiffres syndicaux et policiers. Pour la 9e[Laquelle ?], le chiffre est semblable à celui de la police[71].

Incidents et blessés

L'entrée des lycéens dans le mouvement à partir du 7 octobre a déclenché des polémiques : en premier lieu, la majorité présidentielle accuse l'opposition de leur faire prendre des risques ; puis, l'opposition répond que «les jeunes sont responsables et savent pourquoi ils descendent dans la rue» ; quant à eux, les syndicats lycéens et étudiants indiquent qu'ils ne sont aucunement instrumentalisés, mais défendent leur future vie professionnelle.

Le 8 octobre, à Bonneville (Haute-Savoie) , une manifestation par des étudiants du Lycée Guillaume-Fichet se termine mal après que deux étudiants majeurs aient tenté d'allumer un brasero, ce qui entraînera un retour de flammes qui brûlera deux jeunes lycéennes de 17 ans dont une grièvement[72].

Le 12 octobre, à Cæn (Calvados), un jeune a dû être hospitalisé après une intervention des forces de l'ordre[73].

Le 14 octobre, en Seine-Saint-Denis, un élève de 16 ans, Geoffrey Tidjani, a été gravement blessé au visage par un tir de Flash-Ball venu de la police tandis qu'il manifestait devant le lycée Jean Jaurès à Montreuil. L'incident lui a occasionné trois fractures au visage[74] et risque de lui faire perdre son œil, selon Dominique Voynet, maire de la ville[75]. Sa mère, Corinne Naudin, a confirmé qu'elle porterait plainte, tandis que le jeune homme doit subir une opération consistant à reconstruire son visage, peut-être avec des plaques de titane[76]. Une vidéo montre qu'il n'avait pas commis de violences contre les policiers au moment du chocc[77].

Le 15 octobre, 22 policiers sont blessés et 264 personnes sont arrêtées, en marge des manifestations lycéennes, selon le ministère de l'Intérieur[78].

Le 18 octobre, à Chelles, une adolescente est blessée à l'œil par un jet de pierre de la part d'un casseur. Hospitalisée, le diagnostic confirme la perte de l'usage de l'œil gauche[79].

Le 19 octobre, certaines manifestations de lycéens sont émaillées par de violents incidents, suite à des oppositions entre les forces de l'ordre et des jeunes[80]. Qui plus est , une adolescente âgée de 15 ans a été blessée et hospitalisée lors d'une bousculade suivant l'explosion d'un scooter génèrée par un feu de poubelle près d'un groupe scolaire parisien du 15e arrondissement[81].

Entre le 12 et le 26 octobre, 72 policiers et gendarmes sont blessés et 2 554 personnes sont interpellés (dont 1 759 sont positionnées en garde à vue et 360 déférées devant la justice), selon le ministère de l'Intérieur[82].

Le 22 octobre 2010, les permanences de Gérard Longuet et de la fédération départementale UMP du Doubs sont murées par des opposants à la réforme des retraites. Une plainte a été déposée pour dégradations et injures[83].

Des manifestants évoquent des actes d'agents provocateurs, surtout à partir de vidéos visibles sur Internet : des policiers en civil se feraient passer pour des manifestants, ou alors même pour des «casseurs», pour mieux provoquer des incidents et décrédibiliser le mouvement[84], [85]. Ces informations sont démenties par la préfecture de police et les syndicats de policiers mais relayées par le député européen Jean-Luc Mélenchon, l'éditeur Guy Birenbaum et Bernard Thibault[86], [87], [88]. Les députés du groupe GDR demandent l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire alors que Brice Hortefeux dénonce les «rumeurs indignes qui circulent sur internet et visent à salir l'honneur de la police»[89]. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, marque son désaccord avec Bernard Thibault et Jean-Luc Mélenchon en affirmant : «des policiers sous badge syndical, ça a toujours existé. Les policiers sont en plus une catégorie particulièrement fortement syndicalisée. Des choses comme ça, ça ne passerait pas»[90]. Jean-Jacques Urvoas, le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, fait aussi part de ses doutes en déclarant que la présence de policiers en civil dans les manifestations n'a rien d'inhabituel et qu'il n'a pas de raison de penser qu'ils font dégénérer celles-ci[91]. Pour le préfet du Rhône, qui a demandé l'ouverture d'une enquête par les instances de la Direction générale de la police nationale, «il y a une tradition dans la police d'infiltrer la population»[92].

Sondages

Une majorité des sondés apporte son soutien au mouvement de grève, avec cependant de fortes différences selon les milieux et les générations et pour première motivation le refus du report à 67 ans du droit automatique à la retraite à taux plein.

Concernant la réforme elle-même, les avis sont un peu plus nuancés selon qu'on traite de l'une ou l'autre des deux grandes mesures :

Conséquences économiques

D'après la ministre de l'Économie Christine Lagarde, chaque jour de grève coûte entre 200 et 400 millions d'euros à l'économie française, quoiqu'il soit selon elle complexe d'en évaluer le coût exact[106]. Elle affirme aussi qu'«il ne faut pas actuellement peser sur cette reprise avec des mouvements qui sont douloureux pour l'économie française et particulièrement douloureux pour un certain nombre de PME qui ratent des commandes ou échouent dans leurs tentatives de redressement ou d'investissement»[106].

Notes et références

  1. AFP, «RÉFORME DES RETRAITES - La mobilisation secteur par secteur», dans Le Point, 19 octobre 2010 texte intégral ] 
  2. ««Le problème n'est pas démographique mais financier»», dans Le Progrès, 27 octobre 2010 texte intégral (page consultée le 30 octobre 2010)  ] 
  3. Nicolas Quint : Niches : 71 milliards sous le tapis (2010/10/12). citant Cour des Comptes, «Entreprises et "Niches" Fiscales et Sociales, Des systèmes dérogatoires nombreux», 2010
  4. «Le bouclier fiscal a coûté 585 millions d'euros en 2009», Le Monde, 6 avril 2010.
  5. (fr) Niche Copé : le bouclier fiscal puissance 10 (2010/10/21).
  6. Emilie Lévêque : Les niches fiscales, des plus menacées aux intouchables (05/07/2010).
  7. Martine Orange : Fiscalité : ces niches si favorables aux entreprises (2010, 7 octobre).
  8. (fr) Un rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires de la Cour des comptes épingle le CIR (7 octobre 2009)
  9. Le paquet fiscal, profits et pertes, Libération, 29 avril 2008
  10. http ://www. cfdt. fr/content/medias/media27119_vcdwCRxbWTPnoVj. pdf
  11. http ://www. retraites-cgt. fr/nos-propositions/
  12. (fr) [pdf]Allongement de la durée de cotisation, baisse des pensions
  13. (fr) Oui, les jeunes seront bien victimes de la réforme des retraites
  14. Louis Chauvel, «Les lycées et les universités de masse sont de la nitroglycérine pour tout gouvernement», dans Le Monde, 14 octobre 2010 texte intégral ] 
  15. Alexis Bisson et Hugo Vitrani, «Les femmes, principales perdantes de la réforme des retraites», Médiapart, 24 septembre 2010.
  16. (fr) Pourquoi la réforme des retraites est injuste : démonstration en chiffres sur Rue89
  17. "Une vraie perte de confiance dans le gouvernement" Par Grégoire Biseau et Luc Peillon, Libération du 17 juin
  18. http ://www. liberation. fr/economie/0101639948-une-vraie-perte-de-confiance-dans-le-gouvernement
  19. (fr) Retraites : toujours de fortes perturbations ce mardi sur LeFigaro. fr
  20. (fr) Les routiers et les convoyeurs de fonds entrent dans le mouvement sur LesEchos. fr
  21. (fr) Carburants : un centre de crise pour ravitailler les pompes à sec sur www. google. com. Consulté le 24 octobre 2010.
  22. (fr) Pénurie de carburants : plus de 2.500 stations à sec, l'Ouest le plus touché sur www. leparisien. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  23. (fr) Plus de 2600 stations service sans essence sur www. europe1. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  24. (fr) Paca - Les poubelles s'entassent à Marseille sur www. francesoir. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  25. (fr) La grève des éboueurs s'intensifie à Toulouse sur www. leparisien. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  26. (fr) Nantes-Angers : éboueurs en grève sur ouest . france3. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  27. (fr) Pau : les éboueurs reconduisent le mouvement sur www. sudouest . fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  28. (fr) Des personnels non-grévistes dépêchés par Nicollin pour nettoyer les rues de la ville sur /www. midilibre. com. Consulté le 24 octobre 2010.
  29. (fr) Retraites : les éboueurs de Belfort en grève sur www. estrepublicain. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  30. (fr) Manifestations : les perturbations prévues pour ce mardi 19 octobre sur www. laprovence. com. Consulté le 24 octobre 2010.
  31. Marseille confrontée à une convergence de mouvements sociaux sur www. google. com
  32. (fr) Secteur par secteur : qui fait grève ? sur www. europe1. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  33. (fr) 130 cantines toujours en grève actuellement sur www. laprovence. com. Consulté le 24 octobre 2010.
  34. (fr) Marseille : moins de manifestants mais plus de mouvements de grève en perspective sur tempsreel. nouvelobs. com. Consulté le 24 octobre 2010.
  35. "Les grèves et les perturbations se poursuivent en France", par AFP, le 20 octobre 2010.
  36. http ://www. tdg. ch/greves-perturbations-poursuivent-france-2010-10-20
  37. Entre 5 et 10 universités bloquées sur www. lefigaro. fr
  38. (fr) Manifestations : plus que le 1er mai, moins que fin 2009
  39. (fr) Retraites : l'exécutif conforté sur www. lejdd. fr
  40. (fr) Retraites : Thibault nomme à la résistance sur www. liberation. fr
  41. (fr) Journée de mobilisation de FO : peu de grévistes en France mais des manifestants à Paris sur www. 20minutes. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  42. (fr) Le trafic ferroviaire conforme aux prévisions sur www. liberation. fr. Consulté le 24 octobre 2010.
  43. (fr) Mobilisation du 24 juin contre la réforme des retraites sur www. 20minutes. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  44. (fr) Vos photos des manifestations du 24 juin sur www. lemonde. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  45. «Grève : 2, 5 millions de manifestants en France selon la CFDT», L'Express, 7 septembre 2010.
  46. (fr) Retraites : 2, 9 millions de manifestants (CFDT) sur www. lejdd. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  47. (fr) Les syndicats crient victoire après les manifestations sur www. lepoint. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  48. «Retraites : la bataille des chiffres», Le Parisien, 23 septembre 2009.
  49. (fr) Retraites : la bataille des chiffres sur www. leparisien. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  50. (fr) Le mouvement contre la réforme des retraites ne s'essouffle pas sur www. rue89. com. Consulté le 26 octobre 2010.
  51. «France - De 2, 5 à près de 3 millions de manifestants /syndicats», dépêche Reuters, 16 octobre 2010.
  52. (fr) Retraites : entre 825.000 et trois millions de manifestants ce samedi en France, selon les sources sur tempsreel. nouvelobs. com. Consulté le 26 octobre 2010.
  53. Retraites : près de 3, 5 millions de manifestants selon la CFDT, Le Télégramme de Brest du 19 octobre 2010
  54. (fr) Mobilisation en recul selon la police, stable pour la CGT sur www. lefigaro. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  55. Manifestation 19 octobre Paris : les 2 parcours
  56. Opération escargot : la France vers le blocage général ?
  57. (fr) France : 560.000 manifestants (Intérieur) sur AFP sur lefigaro. fr. Consulté le 28 octobre 2010
  58. (fr) Retraites : "2 M de manifestants" (CGT) sur AFP sur lefigaro. fr. Consulté le 28 octobre 2010
  59. (fr) Retraites. Au moins 300 000 manifestants dans l'Ouest sur www. ouest-france. fr. Consulté le 26 octobre 2010. et Réforme des retraites : Entre 900.000 et 3 millions de personnes dans les rues sur www. 20minutes. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  60. (fr) Manifestations : lorsque un policier s'interroge sur les comptages... de la police - Pour Nicolas Comte, policier et représentant du syndicat syndicat Unité police SGP-FO, «le chiffre qui est compté sur le terrain par les policiers n'est pas forcément celui communiqué» par la préfecture. sur www. leparisien. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  61. Guillaume Biet, «Y a-t-il eu maquillage des chiffres ?», Europe1, 12 octobre 2010. Consulté le 23 octobre 2010
  62. (fr) «Comment nous avons compté les manifestants du mardi 12 octobre», France Soir, 14 octobre 2010.
  63. Le site internet a précisé que sa méthode de calcul était approximative : «La méthode? Avec compteurs à main, ces “clics-clics” utilisés par exemple dans les avions pour compter les passagers […] Notre chiffre est par conséquent de toute évidence sous-estimé, sans doute de plusieurs milliers, ou alors d'une ou deux dizaines de milliers». Voir Le Père Vert Pépère, «Selon Médiapart, la police gonfle les chiffres des manifestations», 14 octobre 2010.
  64. «Comptage des manifestants : le grand bluff des syndicats», Le Figaro, 16 octobre 2010.
  65. (fr) Selon Médiapart, la police gonfle les chiffres des manifestations sur www. mediapart. fr. Consulté le 26 octobre 2010.
  66. «Notre comptage : 40.000 manifestants hier à Marseille»
  67. «Retraites : au moins 300.000 manifestants dans l'Ouest»
  68. «Retraites : la mobilisation s'augmente»
  69. «A Saint-Etienne, on a compté les manifestants»
  70. «Un cabinet d'huissiers mandaté pour compter les manifestants à Pau»
  71. «Baisse de la mobilisation dans la région 85 000 personnes», Midi libre, 16 octobre 2010.
  72. Bonneville (74)  : La manifestation tourne au drame
  73. La mobilisation lycéenne ne faiblit pas, émaillée de nombreux incidents sur www. google. com
  74. 3Manifestations : le lycéen pourrait perdre son œil", Paris Match, le 15 octobre 2010
  75. (fr) Manifestations : le lycéen pourrait perdre son œil sur www. parismatch. com. Consulté le 28 octobre 2010.
  76. "Tir de flashball : la mère du lycéen blessé veut porter plainte", Le Parisien, 16 octobre 2010
  77. (fr) Commentaires sur www. rue89. com. Consulté le 28 octobre 2010.
  78. Manifestations : 22 policiers blessés, 264 «casseurs» interpellés
  79. Echauffourées à Chelles : Linda, lycéenne, a perdu l'usage d'un œil sur Le Parisien. Mis en ligne le 20 octobre 2010, consulté le 22 octobre 2010
  80. (fr) VIDEOS. Violences en marge de manifs lycéennes, 290 interpellations sur www. leparisien. fr. Consulté le 28 octobre 2010.
  81. Flash actu, «Lycées : une jeune fille blessée à Paris» sur Le Figaro. Mis en ligne le 19 octobre 2010, consulté le 19 octobre 2010
  82. AFP, «2.554 "casseurs" arrêtés depuis le 12/10» sur Le Figaro. Mis en ligne le 26 octobre 2010, consulté le 26 octobre 2010
  83. «La permanence de Longuet (UMP) murée», dépêche AFP reprise par Le Figaro, 22 octobre 2010.
  84. Samuel Laurent, «Sur le Web, les interrogations se multiplient autour de "policiers casseurs"», dans Le Monde, 26 octobre 2010 texte intégral ] 
  85. Dan Isræl, «Policiers casseurs ?» sur www. arretsurimages. net, Arrêt sur images. Mis en ligne le 21 octobre 2010, consulté le 26 octobre 2010
  86. «Qui a dit : Les casseurs «sont des sarkozystes militants»?», dans 20minutes, 21 octobre 2010 texte intégral ] 
  87. Guy Birenbaum, «Témoignage» sur guybirenbaum. com. Mis en ligne le 23 octobre 2010, consulté le 26 octobre 2010
  88. leparisien. fr, «Manifestations : Bernard Thibault accuse les policiers «camouflés»» sur leparisien. fr. Mis en ligne le 27 octobre 2010, consulté le 27 octobre 2010
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  90. La rédaction du Post, «"Policiers casseurs" : Mailly (FO) "pas d'accord" ni avec Mélenchon ni avec Thibault (CGT) » sur lepost. fr. Mis en ligne le 28 octobre 2010, consulté le 28 octobre 2010
  91. La rédaction du Post, «"Policiers casseurs" : le PS "pas d'accord" avec Mélenchon et Thibault (CGT) » sur lepost. fr. Mis en ligne le 28 octobre 2010, consulté le 28 octobre 2010
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  93. (fr) Réforme des retraites : 70% des Français approuvent la grève de mardi sur www. latribune. fr. Consulté le 28 octobre 2010.
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  95. [pdf] «Les Français, la réforme des retraites et le mouvement de protestation» sur le site de l'Ifop (sondage réalisé les 21 et 22 octobre 2010).
  96. «Retraites : 71% des Français soutiennent la journée d'action», nouvelobs interactif, 2 octobre 2010.
  97. (fr) Retraites : 69% des Français soutiennent la grève, 61% pour un mouvement durable sur www. lepoint. fr. Consulté le 28 octobre 2010.
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  101. «Retraites : les Français pour renégocier», Le Figaro, 16 octobre 2010.
  102. «Le mouvement lycéen prend de l'ampleur», dans Le Monde, 14 octobre 2010 texte intégral ] 
  103. http ://www. lefigaro. fr/assets/images/10-10-21-opinionway-sondage-grand. jpg
  104. Charles Jaigu, «Les Français souhaitent la fin des grèves», dans Le Figaro, 22 octobre 2010 texte intégral ] 
  105. [pdf] «L'influence de la réforme des retraites sur le vote aux élections présidentielles de 2012» sur le site de l'Ifop (sondage réalisé les 21 et 22 octobre 2010).
  106. «Lagarde évalue le coût des grèves entre “200 et 400 millions d'euros par jour ”», dépêche AFP, 25 octobre 2010.

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